Home » Neuigkeiten » ALERTE ROUGE ?

ALERTE ROUGE ?

Dies ist eine Übersetzung in das Französische unseres Artikels “Alarmstufe Rot? Ab wann Beritt zur Pflicht wird”

Un article de fond de DRESSUR-STUDIEN, librement traduit par Bernard Mathié
ALERTE ROUGE ?
À partir de quand s’impose le recours à un avis professionnel?

Peu de sports présentent autant de facettes que l’équitation.
Différentes pratiques dans l’emploi du cheval, un large éventail de points de vue et de façons de les exprimer, bref des “vérités” multiples, parmi lesquelles il est souvent difficile de choisir pour définir et juger la qualité d’une équitation.
La plupart des cavaliers ont certes le souci du bien-être de leur cheval. Toutefois, les avis divergent dès lors qu’il s’agit de définir ce bien-être et de fixer le moyen d’y parvenir. Soulignons enfin qu’il est particulièrement ardu d’auto-évaluer ses propres prestations équestres.
Dans l’article qui suit, nous avons essayé de livrer une méthode permettant aux cavaliers de savoir s’ils font fausse route et s’il est temps de se faire aider, sinon en prenant des leçons d’équitation, du moins en faisant travailler leur monture dans le bon sens.
Une vie entière ne suffit pas à l’éducation du cavalier. D’où l’obligation, rappelée par Gudrun Schultz-Mehl, de prendre des leçons d’équitation en permanence ; surtout si l’on inclut dans la “leçon” l’assistance correctrice de l’enseignant. L’ancienne rédactrice en chef de la revue St-Georg a été une cavalière passionnée depuis toujours et a fait partager son expérience à de multiples cavaliers en herbe. “Sans le recours à un enseignant qualifié, le cavalier ordinaire, surtout lorsqu’il est débutant, en arrive rapidement à maltraiter son cheval”, insiste-t-elle.

En pratique, ce n’est pas toujours aussi clair. Parfois, tout simplement, aucun instructeur qualifié ne semble disponible, surtout dès lors que les budgets sont modérés, observe Gudrun Schultz-Mehl. En fait, peu importe le vrai motif, la plupart du temps les cavaliers indépendants ne sortent de leur isolement que lorsque leur animal se trouve acculé à des problèmes quasi-insolubles. Ou alors, ils restent passifs par inconscience.

La question est donc de savoir comment le propriétaire d’un cheval peut se rendre compte qu’il a véritablement besoin de l’aide d’un professionnel ?

Le besoin d’aide est établi dès lors que la communication entre le cavalier et son cheval est rompue. Gudrun Schultz-Mehl explique cette rupture par le fait que le cavalier ne trouve pas son bonheur à cheval : “Quelque soit son application, il ne parvient pas à soumettre son cheval à ses aides. Au lieu de réagir aux sollicitations de son cavalier, le cheval suit sa propre route. Sans la moindre régulation possible. Les allures du trot ou du galop deviennent inconfortables et insécures”. C’est ainsi, par exemple, que, sur le cercle, “le cheval est involontairement porté vers l’extérieur ou change inopinément de pied, sans que le cavalier ne soit en mesure de pallier aux initiatives de sa monture”. De même, lorsque les demandes de déplacement latéral n’ont aucune incidence sur la trajectoire. Parfois même, les difficultés sont encore plus évidentes. Par exemple, lorsque le cheval se met à se cabrer.

Il n’est pas conseillé d’aller aussi loin dans la prise de risque, mais de réagir dès les premières alertes, lorsque les signes avant-coureurs sont encore relativement bénins, tels que “manifestations de mauvaise humeur, coucher des oreilles ou fouaillement de queue intempestifs.”En dehors de cela, les dysfonctionnements d’allure ou les ruptures de cadence peuvent présager des problèmes plus graves”, ajoute l’auteur.

Dans son ouvrage intitulé The Gentle Touch, Peter Kreinberg rapporte d’abondantes illustrations de la perturbation qui peut frapper la relation cavalier/cheval ordinairement basée sur la compréhension du langage (codé) et sur l’échange ou l’accord des volontés. La plupart du temps, les dysfonctionnements seraient liés à des problèmes de désaccord en provenance de blocages physiologiques ou mentaux du cavalier.

Comment le cavalier saura-t-il détecter ces difficultés ? “Par accord des volontés, on entend que le cheval est soumis aux aides dans toutes les situations”, explique Kreinberg. Au cavalier donc de se poser la question “Mon cheval obéit-il par habitude ou bien poursuit-il sa soumission en dehors du cadre habituel et en dehors de son environnement familier ? Dans quel état d’esprit se trouve-t-il ? Comment fait-il les transitions ? Celles-ci sont-elles fluides ou désordonnées ?” Fréquemment aussi, surgissent des problèmes lorsque l’on tente de résoudre un problème caché dans un autre problème. Kreinberg donne l’exemple du changement de galop en l’air : lorsque les changements échouent, le cavalier a tendance à reprendre infiniment le même exercice, alors qu’il serait souhaitable de revenir en arrière en considérant que le changement de pied au galop résulte d’un long processus, dans lequel il est primordial de travailler préalablement la cadence ou les variations d’amplitude intra-allure.

Kreinberg pense que de nombreux conflits cavalier/cheval découlent du système de formation imposé à l’équitation. “Je considère qu’il s’agit d’un problème d’instruction. Notre système d’enseignement équestre, peu différencié par rapport aux multiples pratiques, est essentiellement basé sur une conception sportive de la performance. Autrefois, existait une séparation claire et nette entre l’équitation de campagne (basse école), articulée autour des principes élémentaires de l’emploi du cheval, et la haute école dédiée à l’équitation supérieure, quête d’esthétique réservée aux seuls cavaliers savants et disposant des moyens de la pratiquer. De nos jours, cette séparation entre basse et haute école n’existe plus ; de plus, la vision sportive domine la pratique et l’instruction équestres. Le niveau des ambitions se trouve de ce fait, tant pour le cavalier que pour le cheval, très souvent fixé bien au-delà des possibilités. Et le simple cavalier de loisir, qui forme la grande masse des pratiquants, est trop facilement conduit dans une orientation qu’il n’a pas vraiment librement choisie”. La focalisation sur le concept de performance, généralisée en Allemagne, mène tout droit à des surcroîts d’exigences qui se trouvent à la source de fausses représentations chez les cavaliers : “ils surestiment le niveau auquel ils peuvent prétendre ; un peu comme s’ils se mettaient en tête de grimper l’Everest en sandales”.

La solution au problème n’est, selon Kreinberg, que dans la réforme du système d’instruction équestre. “Au concept d’équitation massiale, je préférerais celui d’équitation récréative, laquelle exige une formation différente de celle qui est appliquée à l’équitation sportive. Il serait tout à fait possible de se cantonner à une formation ressemblant à l’instruction de base autrefois donnée à la troupe à cheval. Ce type de formation proposait un cadre simple et clair pour une formation basique de qualité, apte à conférer aux cavaliers un niveau fonctionnel d’exécution satisfaisant et de nature à préserver leur sécurité et l’intégrité des chevaux”. Ce qui importe, c’est que le cavalier de base consente à réviser l’image qu’il renvoie de lui-même. : “il doit apprendre à se considérer lui-même comme un bon ouvrier à cheval, mais non comme un artiste, le tout dans l’optique de la préservation prioritaire du bien-être et de la dignité du cheval”.

Au demeurant, le cavalier et sa monture peuvent accumuler les errements sans même qu’un conflit apparaisse entre eux. Ils peuvent se fourvoyer dans leur communication, mais aussi menacer l’intégrité du cheval qui devrait rester l’objectif principal de toute équitation. Pour Peter Kreinberg, il existe des cas dans lesquels le cheval réagit conformément à la volonté du cavalier tout en occultant ainsi le problème principal d’un manque de tact du cavalier ou d’une décontraction insuffisante de la monture : “les cavaliers ne réalisent pas toujours leurs fautes ou bien restent indifférents aux erreurs qu’ils peuvent commettre”. Toutefois, précise l’auteur, il ne s’agit pas là d’un reproche que l’on devrait adresser aux cavaliers, mais plutôt au système d’instruction en vigueur. La recherche de la performance sportive emporte un certain nombre de conséquences négatives à la base : on assiste ainsi à l’émergence accrue de nouvelles méthodes d’équitation et au développement corrélatif de tendances de mode. On expérimente beaucoup. La scène équestre est envahie d’autodidactes prêts à toutes les instrumentalisations du cheval.

Gudrun Shultz-Mehl, de la même manière, évoque des cas où l’ignorance des cavaliers explique le recours (trop) tardif à l’assistance professionnelle. “La plupart du temps, ils ne se rendent pas même compte d’une quelconque anomalie. Beaucoup d’entre eux surestiment leur savoir-faire et ne peuvent imaginer ou veulent délibérément ignorer qu’ils se trouvent eux-mêmes à l’origine de certains problèmes”. Là est le point principal : “Il faut qu’un cavalier soit très averti pour reconnaître de lui-même le problème auquel il se heurte”.

Et pourtant une auto-évaluation satisfaisante par le cavalier lui-même est tout à fait possible. À l’expresse condition toutefois qu’il soit disposé à remettre en cause ses convictions présentes. Peter Kreinberg énonce le processus suivant pour y parvenir : “il faut que le cavalier commence par faire un état des lieux en se demandant où il en est précisément”, concrètement, à quel niveau il estime se situer sur une échelle de formation allant de l’instruction d’initiation ou de la basse école à la haute école…Des techniques d’évaluation objectives sont ici requises pour faciliter la démarche”. Dans un second temps, il ne serait pas superflu de vérifier l’embouchure du cheval, ce qui renseignerait utilement la question de savoir si le cheval ne se trouve pas en défense contre la main. Plus concrètement, il s’agit ici de vérifier la qualité de la communication cavalier/cheval et celle de la conduite et du contrôle de l’animal. Quels équipements vais-je engager pour satisfaire à ces critères de qualité, et comment ces matériels agissent-ils ? Ainsi, un cavalier qui ne maîtriserait sa monture qu’avec le recours d’un mors droit à branches devrait-il se persuader de recourir à une assistance professionnelle”.

Au-delà, l’attention sera portée sur la locomotion du cheval et sur la manière dont il se déplace naturellement. “Si je constate le moindre vice d’allure, défaut d’engagement ou rupture de cadence, il est impératif d’intervenir de suite”.

Ce n’est qu’après ces interrogations préalables que le cavalier peut expliciter la question : “Que puis-je faire et comment ?”

Kreinberg lui-même tente, lors de ses interventions, de sensibiliser les cavaliers à la prise de conscience de la nécessité d’opter pour des comportements adaptés et justes. C’est ainsi que, parlant du travail quotidien et constatant que les cavaliers voient plus souvent les défauts chez les autres que chez eux-mêmes, il préconise l’emploi d’un vidéo-système d’enregistrement et incite à la lecture de manuels bien rédigés, ne serait-ce que pour affûter l’envie de corriger les errements.

Gudrun Schultz-Mehl rappelle les caractéristiques du dressage classique : “Le cavalier doit agir avec justesse sans renoncer à sa bonne assiette. Le cheval doit travailler avec plaisir sous la selle et sa santé doit être préservée”. Quelque soient les difficultés liées à une auto-évaluation de son propre savoir-faire, tout cavalier qui fait siens ces préceptes se trouve en bonne voie d’amélioration. (Karin Ottermann).

 

Checklist

La liste qui suit n’est évidemment pas exhaustive, mais propose seulement un certain nombre de repères. Si vous répondez “oui” à l’une ou l’autre question posée, c’est que vous devriez réfléchir à l’opportunité de demander l’assistance d’un instructeur professionnel.

 

À pied :
C’est généralement à pied que commencent les problèmes qui vont se poursuivre en selle :

• j’ai des difficultés pour attraper mon cheval
• il me bouscule et ne me respecte pas lorsque je le conduis en mains
• en cas de panique, il me renverse
• mon cheval me pince, me mord ou tape des pieds
• il me marche sur les pieds
• il ne cesse de bouger pendant le pansage
• il ne donne les pieds que difficilement
• au poser de la selle ou du filet, il couche ses oreilles et fouaille de la queue
• il bouge au montoir
En selle :

• mon cheval semble en permanence insatisfait sous la selle, couchant les oreilles ou fouillant de la queue
• il ne répond pas à mes aides et n’en fait qu’à sa tête
• je n’arrive pas à régler la cadence de mon cheval : ou il fuit ou il se traîne
• il est inconfortable et je ne me sens pas en sécurité
• j’ai peur de le monter
• je ne parviens à le maîtriser que dans un environnement familier
• les transitions d’une allure à l’autre sont malaisées et disharmonieuses
• les allures se détériorent
• mon cheval se laisse aller à des ruptures de cadence
• il se cabre, entreprend des sauts de mouton ou me prend la main
• je ne peux monter mon cheval qu’avec une embouchure sévère, et seulement dans des situations déterminées
• il n’avance que sous l’effet de l’éperon ou de la cravache
• il ne comprend pas ce que je lui demande de faire
• il est insoumis et réfractaire à mes aides

 

Indications bibliographiques :

SCHULTZ-MEHL Gudrun : Junge Pferde selbständig nach der klassischen Reitlehre ausbilden. Olms éd., 2010
KREINBERG Peter : „The Gentle Touch“ — Die Methode für anspruchsvolles Freizeitreiten. Kosmos éd., 2007
WENDT Marlitt : Vertrauen statt Dominanz. Wege zu einer neuen Pferdeethik. Cadmos éd., 2010
PRYOR Karen : Positiv bestärken – sanft erziehen. Die verblüffende Methode, nicht nur für Hunde. Kosmos éd., 1999/2006.